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La folle semaine de la Maison Blanche ou Obama&Photoshop

Alors que Barack Obama rend un hommage aux victimes du 11 septembre à GROUND ZERO,
So Blink vous propose de revenir sur la semaine où le mandat d’Obama a pris une tournure radicalement différente .

Jeudi dernier (28 avril 2011), on le poussait à prouver sa naissance sur le sol américain en montrant publiquement son certificat de naissance. 72h plus tard, Barack Obama annonce la mort d’Oussama Ben Laden, ennemi public des Etats-Unis, et selon ses propres mots « rétablit la justice » (je vous laisse apprécier la portée de cette formulation, surtout venant d’un professeur en droit constitutionnel).
Entre la maîtrise de communication et l’Epic Fail…

 

Jeudi 28 avril

La Maison Blanche diffuse le certificat de naissance de Barack Hussein Obama à la presse.

L’enjeu est de taille : Obama s’apprête à annoncer son désir de prolonger son séjour à la tête des USA. Face aux accusations répétées des Républicains, il doit prouver une fois de plus sa légitimité au poste de Président des Etats-Unis . Et les courageuses réformes sociales et économiques et la démilitarisation qu’il a entrepris ne facilitent en rien la situation. Alors que les classes moyenne et moyenne supérieure le soutiennent toujours, ses réformes lui confèrent une impopularité grandissante chez les classes supérieures et paradoxalement chez les électeurs les plus pauvres.
Très vite, la polémique éclate : le certificat est un faux . D’un simple Photoshop constitué de 11 calques aplatis. Les vidéos démontrant la supercherie fleurissent sur le Net.

 

 

 

DANS LA NUIT DU 1ER AU 2 MAI

Obama annonce à la nation américaine et au monde la mort d’Oussama Ben Laden .

 

S’en suivent les photos d’Obama suivant en direct les actions du Raid, immortalisant le Président et son exécutif comme les responsables de la réussite de l’opération:


La grande réussite de cette communication est d’attribuer la conception et la mise à bien de l’opération au seul fait du Président et de l’ancrer dans une intuition personnelle et dans un travail effectué sur le long terme.

Dans son discours, il utilise fortement la première personne du singulier : « J’ai été mis au courant » ou bien « J’ai alors donné l’ordre« . Guidé par ses convictions, Obama poursuivit donc cette piste qui mena à la « justice ».
Néanmoins il prend soin de ne rien reprocher à personne et laisse une place à chacun dans son sillon.

Alors que l’opinion publique le célèbre, la presse et l’opinion internationales sont bien moins emballées et soulèvent des questions embarrassantes.

 

Celebration  nationaliste

+11% pour Obama

 

Actuellement en pleine visite commémorative en compagnie des pompiers, de familles des victimes du 09/11 et du maire de New York :

 

 

La presse internationale se pose des questions

La presse du monde entier s’interroge sur la mort de Ben Laden. Les détails de sa mort restent troubles, et lee fait qu’il ait été durant 5 ans à Abbottabad, à 50km de la capitale pakistanaise Islamabad, au beau milieu d’une garnison militaire, fait émerger beaucoup de questions.

 

http://www.youtube.com/watch?v=x0JOjDddGWQ&feature=related

 

Notons que Yusuf Raza Gilani, Premier Ministre pakistanais, assure que son pays ne jouait pas de double jeu et a toujours souhaité coopérer dans la traque des terroristes. Il faut se rappeler les liens qui unissent les États-Unis et le Pakistan depuis la Guerre Froide. L’Afghanistan étant l’un des enjeux majeurs de l’opposition Ouest/Est dans les années 80, les États-Unis avaient établi leur base au Pakistan -pays stratégique pour atteindre l’Afghanistan- et noué avec eux de nombreux partenariats économiques.

En 2002, même si le foyer du terrorisme était pakistano-afghan, il était impossible pour les USA de désigner le Pakistan comme faisant partie de l’axe du mal. C’était dans l’intérêt commun de placer le gouvernement pakistanais comme allié dans la lutte contre le terrorisme : les troupes américains avaient un allié local et des structures logistiques et administratives accueillantes.

On peut même imaginer que sans cet étroit partenariat, les USA n’auraient pas été à même d’obtenir, à l’insu des services secrets pakistanais, les informations sur l’emplacement d’Oussama Ben Laden .

 

 

MAJ DU 07 JUIN

La Maison Blanche vient de décider de rendre public les derniers enregistrements de Ben Laden (trouvés sur place lors du Raid) . Le son a été effacé des vidéos.

http://www.youtube.com/watch?v=eokgLSzGYNU

 

Au travers de ce micmac, il est fascinant de voir qu’Obama est à la fois au sommet de sa carrière politique (réformes sociales/plan de relance/mort de Ben Laden), un peu comme le fut W. Bush après le 11 Septembre, et à la fois près d’être discrédité publiquement par son administration.

Le plus intéressant dans cette affaire est la nature de la discréditation : elle n’est pas de nature politique mais uniquement le fait de la communication de la Maison Blanche.

Ah, coquin de sort !
Morale de l’histoire:  on ne badine pas avec les détails, vectorisez bien vos fichiers !

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